Il a le cheveu hirsute et la parole qui fuse. Sous ses airs de dilettante, c’est un travailleur acharné. Clown de renommée mondiale, il a pour ambition première d’aller au bout de ses rêves et d’atteindre par là l’absolue liberté.

SLAVA

Polunin, né le 12 juin 1950 à Novossil, petite ville située au sud de Moscou, sur le chemin de la mer Noire. Il grandit à la campagne et, à onze ans, découvre Charlie Chaplin dans Le Kid. « Je n’ai pas vu la fin, raconte-t-il, parce qu’on a éteint la télévision avant, mais… le lendemain, je savais avec certitude ce que je voulais faire de ma vie. »

QUELQUES

années plus tard, jeune homme, Slava gagne la ville qu’il tient pour « la plus belle du monde », Saint-Pétersbourg, alors appelée Leningrad. Il est censé y faire des études d’ingénieur, mais ne tarde pas à se lancer dans l’art de la pantomime.

ASSISSIAÏ

, son personnage de clown, petit bonhomme ridicule et touchant, en combinaison jaune et tatanes rouges à longs poils, promis à une gloire fulgurante avec des numéros retransmis à la télévision à travers toute l’Union Soviétique. Assissiaï, c’est la quintessence de la mélancolie poétique qui caractérise le génial clown soviétique Enguibarov, du raffinement philosophique du mime Marceau, de l’humanité et du comique émouvant des films de Chaplin – les trois grands maîtres de Polunin.

PEU Á PEU

, à travers le personnage d’Assissiaï, naît le projet d’un théâtre de clowns, tous différents et pourtant aisément reconnaissables. Ce kaléidoscope de caractères s’incarne plus particulièrement dans les « le théâtre de clowns de St Petersburg », troupe créée par Polunin à la fin des années soixante. Cette troupe prend en 1978 le nom de Litsedei (les Bouffons) et sa renommée ira grandissante.

POLUNIN

veut « réconcilier le grotesque et l’épique », plonger, la tête la première, dans « quelque chose qui s’apparente à Gogol et Beckett ». À la base de son travail, le désir de « faire revenir le clown au théâtre ». Deux décennies durant, les grands projets succèdent aux entreprises les plus folles.

Dès 1985 il invite à Moscou des clowns et des mimes venus de l’autre coté du “rideau de fer” à l’occasion d’un festival de la jeunesse. En 1989, avant la chute du mur de Berlin, il entraîne un invraisemblable caravansérail de troupes européennes en roulottes de Moscou à Paris. L’odyssée “Mir Caravan” (“la caravane de la paix”) durera 6 mois pendant lesquels des centaines d’artistes joueront dans la rue ou sous chapiteaux et vivront sous les yeux du public.

PUIS

l’« Académie des Fous » s’attache à faire revivre l’idée du carnaval et donne naissance à une grandiose « Nef des Fous », rassemblant, à Moscou, les meilleurs clowns du monde, les plus extravagants, les plus imprévisibles.

De 1993 à 1995, il participe au Cirque du Soleil en tant qu’acteur, et y crée également des personnages et des numéros de clown pour Alegria.

Mais c’est surtout son Slava’s Snowshow, devenu légendaire et désormais qualifié de classique par de nombreux médias, qui emporte l’adhésion des spectateurs sur tous les continents depuis 30 ans. Cette merveilleuse tempête de neige qui tourbillonne à travers le monde, transportant d’enthousiasme petits et grands sur son passage.

En 2000, il acquiert le Moulin Jaune près de Paris et y développe un laboratoire de création unique, ouvert à toutes les disciplines artistiques. Depuis 2013, quelques week ends par an, son jardin, labélisé jardin remarquable et patrimoine d’Ile de France, invite également le public à devenir lui-même acteur de cet univers, à y retrouver leur âme d’enfant et à s’immerger dans son atmosphère joyeuse où création, nature et vie quotidienne s’entremêlent.

En 2021, pour célébrer les 20 ans du Moulin Jaune, il y présente pour la première fois son spectacle Slava’s SnowShow en plein air dans le cadre de la programmation du Festival Paris l’été. L’occasion également d’accueillir dans le nouvel amphithéâtre de verdure les Ukrainien.ne.s de DakhaBrakha, la Géorgienne Nino Katamadze et l’acrobate français Yoann Bourgeois.

Slava a reçu de nombreux prix prestigieux : Laurence Olivier Award, Russian Triumph Award, Chevalier des arts et des lettres…, mais il est surtout fier de 3 de ses titres: Président de l’Académie des fous, Ambassadeur de Hans Christian Andersen et Roi du carnaval de Saint-Pétersbourg.

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